dimanche 4 décembre 2016

Vu sur le club des 10 du collège veille

Merci aux professeurs!

Nous avions enregistré les interviews car la prise de notes est quasi impossible pour nous, on a tenté de réécouter les réponses, cela n'a pas toujours marché😓 alors nous avons fait avec les souvenirs parfois, pas simple non-plus. Mais nous avons remarqué que pour certains la mémoire revenait plus facilement. Nous en avons discuté et remarqué que selon l'intérêt ou l'émotion qui va avec le souvenir, nous retenons plus ou moins bien. Et puis parmi nous, il y a des dyslexiques mais aussi un dysgraphique, un dysorthographique et les nuances s'expliquent alors. Nous sommes très différents les uns des autres.
Les réponses des profs nous ont apportées des éléments de réflexion. Par exemple à la question:
Je suis dyslexique: que suis-je pour vous?
La réponse la plus courante est: "c'est plus difficile pour vous".
Nous en avons discuté et nous aurions voulu préciser.
Nous cheminons autrement et donc lorsque vous pensez que c'est difficile pour nous, cela veut surtout dire que la manière dont on nous propose un exercice nous complique la tâche, nous sommes mis en difficulté. Car parfois, dans d'autres registres, à l'oral, nous pouvons paraître meilleurs que d'autres et en effet, pour certains d'entre nous, l'oral est plus facile. Attention, pas pour tous! Et donc jamais, il n'est possible de généraliser, ce qui va être vrai pour l'un, ne va pas l'être pour l'autre. Un truc commun, c'est le quotient intellectuel, nous sommes aussi intelligents que les autres! C'est important de le dire! ET hélas ce cheminement différent nous fatigue énormément, et là où vous pensez parfois que nous ne faisons pas d'efforts, et bien est le reflet de notre fatique. Après un tour de table, tous disent bien clairement qu'ils sont tout le temps fatigués. Parfois certains depuis l'entrée à l'école maternelle!
Par contre, plus nous sommes mis en confiance par la gentillesse, la patience, et plus nous parvenons à supporter les difficultés.
Du coup, on en est venus à notre motivation pour aller à l'école: aucun d'entre-nous ne vient heureux le matin! Nous sommes maintenant plus de 10 au club. C'est triste, mais c'était bien d'en parler...on a réfléchi un peu à ce que nous faisions pour se donner le courage: certains comptent les jours, d'autres pensent au week-end, parfois c'est l'idée de rentrer et d'être chez soi le soir, ou encore l'idée de pouvoir faire du vélo en rentrant. Par contre, on se jette tous sur un bon goûter après les cours.
LE club des 10 du collège veille

samedi 3 décembre 2016

Viens voir les comédiens...qui arrivent...

Je remarque souvent l'esprit suspicieux dont on entoure les enfants à Troubles des Apprentissages. Cette mise en doute induit des comportements qu'on assume mal ensuite, nous pédagogues
La remise en question est extrêmement douloureuse. 
Mais pour l'enfant, comment faire quand on est face à quelqu'un qui refuse de nous comprendre?

Ainsi Adelin par exemple, ne distingue pas derrière et devant dans certains contextes.
Si je dis que son nombril est devant et ses fesses derrière, je crois que cela passe bien. Mais si je dis que le A à écrire doit être devant le N, il inverse. Cela fait longtemps que cela dure. C'est quelque chose qui dérange Adelin et je ne m'en suis rendue compte que cette année, car en effet, je n'ai pas encore assez de connaissances d'une part,  je suis une enseignante suspicieuse d'autre part et impatiente forcément, et par ailleurs j'ai développé une forme de déni car c'est insupportable de voir que rien ne va et enfin aussi parce que je suis positive de nature, et donc j'admets qu'on puisse être moins performant dans certains registres. Le tout donne des choses étonnantes, cela fait 9 ans que je me pose des questions mais j'en suis toujours au fond à ignorer plein d'aspects!

Bref, Adelin, maintenant pour pallier à une difficulté pour lui face à un mot qu'il ne saisit pas,  et bien Adelin plaisante en disant: " mais non, je blague..."et paf, il change la lettre de place, parfois il dit " c'est ce que je voulais faire".
.. Il ne ment pas, il ne joue pas la comédie! Il ne sait pas, c'est au hasard, aucun raisonnement ne rend logique le avant après, le derrière devant...il s'adapte, pour faire bonne figure, pour ne pas déplaire...

C'est le même parallèle avec ma surdité.
On pourrait croire que je suis une comédienne: certains d'ailleurs le disent sous le manteau, que j'entends pas moins bien que les z'autres. C'est ainsi depuis que je suis née. Quelles mauvaises langues...
Les prothèses auditives me permettent d'entendre mieux mais elles me fatiguent aussi davantage, car j'entends tout mieux et donc parfois, dans la fatigue, en réunion, je ne parviens plus à décortiquer, trier et réagencer, suffisamment vite, la série de syllabes énoncées par mes interlocuteurs. Donc, j'opine du chef, je souris au moment le plus opportun( car les gens en général sont très expressifs et en les regardant, on peut deviner ce qu'ils pensent), je ne laisse rien transpirer sur mon visage ou je fais une espèce de grimace sybilline tout en continuant de réfléchir. Cependant,  je sais aussi que si je demande à chacun de répéter, la réunion durera 2 heures et puis, j'agacerai tout le monde, je ferai rire aussi tout le monde par mes incompréhensions. Le plus simple finalement étant pour moi de ne rien dire et de faire semblant d'être comme tout le monde...Je ne joue pour autant pas la comédie, je ne m'amuse pas de cette situation., j'en "chie comme un bleu" plutôt. PArfois, je me ferais bien kangourou pour boxer à tout va et avoir le dessus!


Les enfants dys ou aux Troubles des Apprentissages, sont dans le même navire, ils ne jouent pas, ils ne s'amusent pas, ils aimeraient être comme les autres et quand bien même, nous adultes, nous obstinerions à penser le contraire, qui finalement joue la comédie? Qui surjoue et fait semblant de comprendre, qui ferme les yeux?

Adolphe Ferrière est un pédagogue suisse qui a fondé en 1921 La Ligue Internationale pour l'éducation nouvelle. Ses congrès réunissaient Célestin Freinet, Maria Montessouri entre autres...Ces noms vous disent quelque chose?
Ce monsieur a prononcé jadis les mots suivants:" L'enfant aime la nature, on le parqua dans des salles closes. L'enfant aime bouger: on l'obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets: on le mit en contact avec des idées(...). Il voudrait s'enthousiasmer: on inventa les punitions."
Cela mérite méditation...
Allez, je vais me poser sur mon tapis et prononcer un "ohm" salvateur! "On a que le bien qu'on s'donne" dirait mon père ce héros!

Adelaubelgrys

samedi 26 novembre 2016

La question que j'me pose sans cesse: où j'pourrais trouver du courage..

par la grande Sophie...

Extrait d'une interview de Thomas Coville, le navigateur:
" Je crois beaucoup au fait que nous sommes tous différents, uniques: le sport mais aussi l'art viennent donner du relief à cette singularité. Cela me parait d'autant plus évident quand on bat un record: le temps de cet instant, vous ressentez profondément votre singularité. Et c'est très fort. (...) Parce qu'on ne capitalise pas ses exploits ni ses ratés, ils sont remis en cause à chaque fois, et c'est sans fin. Tout ce qu'on peut capitaliser, c'est l'expérience, une certaine forme de sagesse(...)"


J'ai trouvé cette réflexion très inspirante. Je trouve que cela vaut aussi pour les enfants dys qui sont courageux, contournent systématiquement leurs difficultés car elles ne sont jamais vraiment surmontées et qui font des efforts constants même si c'est invisible. Ce sont de grands sportifs en fait. Ils font preuve d'une sacrée endurance.

Adelaubelgrys

samedi 19 novembre 2016

Vivre ou ne pas vivre

Dans Les Souliers Rouges...
Damien, un copain d'enfance, avait 45 ans et il a choisi d'en finir. Il n'a pas aimé l'école petit, pourtant fils d'enseignants solides, aîné d'une fratrie de 3. Je l'ai vu à l'occasion( nous nous voyions surtout l'été) souffrir des devoirs, et de la non-compréhension dont il faisait l'objet. Il est devenu routier, envers et contre tous. La vie ne lui a pas fait de cadeau et pourtant il était intelligent.
De là à en déduire maintenant qu'il était peut-être "dys", c'est une manie, et le pas, je l'ai franchi...je me fais rebelle...😡
Savoir faire le tri ......pour ne pas en voir partout...
Mais est-ce que c'est gênant? ...mieux vaut le doute et l'action plutôt que l'inertie et les bras ballants... Non?

Michel Habib, neurologue, auteur de la constellation des Dys, soutient qu'il vaut mieux dans le doute, appliquer le principe de précaution et la prévention, en accompagnant "comme si"...Mme Coquet, orthophoniste de renom douaisienne, qui a mis au point une série de tests  avalisés par la communauté des spécialistes, et qui a qualifié Adelin de dysgraphique sûr et de dysphasique de développement sans doute, pour le coup, m'avait fait part de sa préférence d'ailleurs à qualifier tous les enfants à profil, simplement de "présentant des Troubles des Apprentissages". Elle pensait lors de notre dernier entretien que au fond, préciser les failles était l'essentiel, mais par contre donner un unique nom en guise de diagnostic était compliqué et réducteur, dans la mesure où il couvrait rarement tout le profil de l'enfant et qu'il pouvait induire une simplification des aides, parfois même les annuler. En effet, je le constate, sans diagnostic pas ou peu d'aide, avec diagnostic, contestation et résistance...on a le choix...


Au revoir Damien.


 Adelaubelgrys


Vu sur le club des 10 du collège veille

Aïe, Mme G***** avait oublié son sac, on a cru un instant qu'elle était "dys" aussi!
Bon, mais cela ne nous a pas empêchés de formuler l'invitation aux professeurs sélectionnés pour ce questionnaire préparé la semaine dernière et de s'entraîner un peu. On s'est répartis dans la salle pour mieux visualiser la séance prochaine et on a joué l'interview prof/élève. Ce sera plus facile pour nous, mais on enregistrera, car prendre des notes nous est compliqué.
Une maman nous a confiés les fiches qu'elle réalise pour son enfant dys.
Il apprend mieux ainsi. Ce qui nous a frappés, c'est l'emploi des couleurs.

En effet, après sondage entre nous( il y avait un nouveau venu aujourd'hui), pour apprendre une leçon, on la relit plusieurs fois, certains à voix basse, d'autres à voix haute. Mais pas de cette façon. Il a une maman qui est très investie. Quelle énergie! C'est chouette!
Pour nous qui travaillons seuls, écrire est trop fatigant pour apprendre, alors on privilégie l'oral.
Parmi nous, il y en a très peu qui écrivent sans fautes, et qui ont une belle écriture lisible, d'où l'intérêt des cours polycopiés. Nous savons que c'est une charge supplémentaire pour les professeurs, et nous les remercions quand cela leur est possible de le faire, car pour la révision et l'apprentissage à la maison, c'est essentiel.
Certains enseignants arrivent à envoyer le cours par mail en anticipé et sous word, permettant à l'élève et ses parents de modifier la mise en page en leur faveur. C'est génial!

De fil en aiguille, on a parlé d'autres trucs.
Victor a montré son scanner, pris en charge par la MDPH, d' environ 100 euros, assorti du câble, qui branché sur l'ordinateur, permet de partager la batterie du portable.
C'est un matériel utile et précieux qu'il a obtenu toujours par reconnaissance du handicap et du préjudice lorsqu'on est "dys". Il devra rendre ce matériel à la fin de ses études, ce n'est pas à lui! Du coup, il a un sac à dos rembourré afin de le protéger.

Nous avions avec nous aujourd'hui, un autre élève, qui a expliqué un peu ce qu'était le diabète et comme c'était fatigant. Il existe, c'est vrai d'autres handicaps qui méritent qu'on en prenne compte aussi. C'est encore difficile de se raconter mais, on apprend beaucoup des autres.
Le club des 10 du collège veille.

J'ai oublié de viiiiivreeeeeee...

Lundi soir, sur le chemin du retour, le meilleur ami d'Adelin, lui disait qu'il était moins intelligent car il n'écrivait pas( c'est bien ainsi que l'Education Nationale Française et moi-même, nous formatons toute la société en effet😡, grrrrrr, je vais mordre). Adelin tentait de se défendre en disant: "non c'est pas vrai, je suis multidys, je ne suis pas bête". Mais cela n'évoquait rien à Tom. Sa réplique a été " mais tous les autres le disent aussi". Alors, je lui ai posé des questions et ai essayé de lui expliquer ce que cela signifiait et ce qu'était l'intelligence. Ce n'est pas simple, en effet.
Adelin a toujours eu du mal à jouer avec d'autres enfants en récréation car bien qu'il en ait très envie, il est souvent rejeté parce que malhabile, non adaptable, pas rapide...et là, c'était devenu le nouveau prétexte pour le rejeter en cours de récréation. Notez-bien que mon fils déteste l'école et qu'il y va pourtant pour les récréations, dans lesquelles il est molesté....quelle vie pour lui!😞.
J'ai donc écrit un mot gentil, tout en retenue, enfin au mieux de mes possibilités( parfois, elles sont limitées), dans le cahier de liaison afin qu'elle fasse peut-être, si elle le veut bien, une petite présentation du travail fait avec Adelin aux autres élèves et explique ce qu'est le trouble des apprentissages par rapport à l'intelligence, si elle ne veut pas parler de multidys. 
Dur de dormir pour moi et mon mari tant nous avions la crainte d'envenimer une situation déjà fragile...pas eu de nouvelles, car si la maîtresse n'ouvre pas le cahier de liaison, Adelin n'y pense pas non plus...on peut patienter longtemps comme cela. Et comme, il y a vigipirate, interdiction de parler aux maîtresses aux portes...si Adelin n'est pas bon élève, moi je le suis parfois et de temps en temps j'obéis!( pas assez, c'est sûr, mais il y a docilité voire asservissement et respect d'autre part que je préfère qui n'empêche pas la liberté d'action...)
On verra la semaine prochaine...en attendant, retrouver le sommeil et vaquer à nos occupations.

Professeur absent jeudi et vendredi et progrès. Adelin n'a pas dû tout copier au détriment de l'intérêt des exercices en eux-même, mais du coup pas de tâche à réaliser. Adelin nous a dit en rentrant: "comme je m'ennuyais, j'ai sorti mon ardoise et je me suis entraîné à faire des calculs". Ouaouh, je suis fière de mon fils, mais triste aussi car c'est aussi une conséquence directe de mes demandes d'accompagnement. Que puis-je faire? On arrivera à me convaincre, c'est certain, que je brasse du vent. Le vent qui fait tomber les feuilles d'automne...vous me suivez?

Moi, ce qui me rend triste, c'est que j'en oublie de vivre parfois et que pourtant, je suis la force vive à l'heure d'aujourd'hui d'Adelin et j'ai bien conscience qu'il ne faut pas que je fléchisse. Mon mari ayant plus de mal à échapper à ses émotions, et étant plus incertain, moins à l'aise sur la question. Il n'est pas enseignant, juste informaticien, mais c'est déjà pas mal, hein?😉

Je suis allée à la sophrologie, comme chaque semaine, pour récupérer, supporter, me projeter. 
Mais avec mon handicap auditif, il faut que je sois assise à la droite de l'animatrice car j'entends mieux de ce côté et parce que sinon, je n'entends quasiment rien, les bruits annexes parasitant ma compréhension. Ce qui doit être un plaisir et réparateur peut devenir un "déplaisir" si les conditions ne sont pas réunies. 
Je supporte mon handicap en toutes circonstances, et je dois dépasser mes possibilités en permanence. Ainsi va la vie, mais parfois, j'avoue, j'ai besoin de repos et de plaisir, d'insouciance au mieux, mais alors là, c'est quasi impossible. Je n'ai pas pu être assise à cette place. Et je n'ai pas su demander de me libérer la place car j'ai le sentiment coupable de faire un caprice. Conclusion, j'ai été plus en difficulté et ai moins profité de la séance qui est toujours moins efficace pour moi de toutes façons que pour les autres. Que faire, réexpliquer encore que je ne peux venir qu'à cette condition? Je l'ai déjà fait et en général, on ne me croit pas car j'ai l'air de tout suivre et que je porte des prothèses. Me taire et subir pour montrer une énième résignance? C'est ça, alors la vie? 

Ca donne envie de partir à Honfleur, hein, Jean-René? Partir pour souffler avec le vent...

Je suis certaine, que être dys, c'est vivre de cette façon, c'est devoir montrer, prouver son handicap et en même temps, se dépasser en permanence pour suivre, derrière, mais suivre, et laisser entendre aux autres, qu'on peut faire encore des efforts. Adelin vit tout comme cela, et je sais combien c'est éprouvant, et je suis démunie...
Certes, comme dirait l'autre, il y a pire comme drame dans la vie! (Encore que certains philosophes défendent l'idée qu'il n'y a pas de misère méprisable). Et bien admettons, et dans ce cas, c'est bien là, le blème, quelle force nous restera-t-il pour affronter le pire?😶

Adelaubelgrys


dimanche 13 novembre 2016

Des pommes, des poires et des scoubidous ha.....




En faisant travailler Adelin, nous nous sommes aperçus qu'avec certains stylos, c'était plus difficile d'écrire pour lui. Alors mon mari a eu l'idée d'en ramener de son boulot pour les faire tester à Adelin. D'emblée, celui-ci a éliminé les noirs: ils sont interdits...moi j'aime bien pourtant, c'est impec pour le graphisme le noir!

Sans le noir, une forêt de bouleaux, c'est pas si chouette. On voit moins bien.

Et oui, une autre absurdité du système scolaire que je pratique aussi, tout doit être écrit en bleu car aux examens, c'est la norme...attention pas n'importe quel bleu! Le turquoise fait mal aux yeux des correcteurs! Mais ce qui fait mal aux élèves ... on l'ignore bien souvent...


Adelin a choisi le stylo à bille de droite car, l'encre ne traverse pas le papier, en effet, il appuie très fort sur son stylo. Et par ailleurs, il reste longtemps sur un point pour ne pas redémarrer l'écriture au mauvais endroit, lorsqu'il lève le nez afin de continuer de recopier les mots du tableau ou d'une feuille à côté de son cahier, et dans certains cas, cela fait des tâches. Mais aussi, il n'est pas trop fin.

C'est un petit moment de bonheur, car on permet à Adelin d'être acteur de son accompagnement, il dit ce qu'il ressent et cela nous intéresse, l'écriture étant un tel problème. 

Adelin a dû écrire par jour en guise de devoirs l'équivalent de 4 fois cette quantité.

Donc, j'alterne, parfois j'écris sous sa dictée, parfois non, pour ne pas donner l'impression à l'enseignante que nous sommes rebelles en famille. Et parce que je me refuse d'imiter l'écriture de mon fils pour ne pas avoir de problème: un moyen terme donc. Par contre, tout ce qu'Adelin a écrit, je le lui ai épelé. En espérant que cela fasse marcher un peu sa mémoire auditive. ...je ne sais pas...je tâtonne, mais ce n'est pas inintéressant, si l'on dépasse l'angoisse de la non réussite.

On a eu des maths aussi, à faire: là, j'ai écrit pour qu'Adelin se concentre sur les calculs car sinon, il doit réfléchir afin de ne pas écrire les nombres en miroir et faire coïncider ce qui est aberrant: 70 qui ne se dit pas septante, chez nous, n'a aucune logique pour Adelin et il doit rechercher à chaque fois. Comme, il peut très bien calculer de tête, s'il n'est pas éparpillé par une double tâche, je le laisse faire...mais vient le moment fatidique où je ne peux pas écrire ce qu'il tente de me faire comprendre ...et oui, je ne comprends rien de ce qu'il me raconte... 
Alors il me dit, il me faut une ardoise...mince, elle est à l'école, je lui propose le tableau blanc( on a une déco type enseignant qui se respecte donc des tableaux tout partout)...mais il me dit, "non ça va pas aller car, c'est vertical et l'énoncé est à plat, je vais pas y arriver". Je lui propose donc enfin une grande feuille blanche, il accepte et me demande un rouge aussi pour distinguer les 2 parties du problème. Et là, il démarre en partageant la feuille en 2, puis en écrivant tous les signes au style bleu, +, =, *, mais je l'avoue, les + et les *, je n'en fais pas le distingo car son écriture est contrariée. Tout cela de bas en haut et de droite à gauche....oups....
J'en perds mon latin...et puis, il réfléchit, alterne rouge et bleu, sourit, lève le nez, écrit des trucs, je ne comprends rien d'abord... puis enfin, il est content, je peux lire le tout et euréka, il a tout bon.... IL EST FANTASTIQUE et il est heureux car je lui ai laissé l'opportunité de faire comme son cerveau le lui permet. Fantastique, ça rime avec dyspraxique!

Il est là, le bonheur, il est là...
ADELAUBELGRYS